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La Huitième Fille, Terry Pratchett
Miso Soup, Murakami
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Mortimer, Terry Pratchett
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Le parti pris des choses, Francis Ponge

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Neverwhere, Nail Gaiman
Le pavillon d'or, Mishima
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Le Roi de Bruyère, Greg Keyes
De bons présages, Pratchett, Gaimain

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prénom: Syphaïwong
pseudo: Utadah_Bay
âge :
18 ans
née le 5 juillet 1989
situation: Étudiante
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Samedi 19 avril 2008
    Je la regardais encore une fois. Nos yeux s'étaient croisés d'une façon brève mais perçante. Je me demandais ce qui pouvait rendre cette personne ainsi. Deux contraires se mariaient en elles, elle était à la fois calme de par ses gestes et son attitude. Parallèlement elle paraissait plus vivante que toutes les autres personnes du square.

    « Je ne sais pas qui je suis » a-t-elle continué. Elle s'évaporait et ne savait pas qui elle était. J'ai tout d'abord pensé qu'elle était tout simplement amnésique mais cette idée m'a immédiatement paru stupide. Ce qu'elle disait était le fruit d'une certaine expérience. Une expérience maigre ou grande qui ne se mesure pas par l'âge mais par le ressenti.

    « J'ai parfois l'impression d'avoir plusieurs identités en moi. Mon souvenir s'évapore, celui que les autres ont mais aussi celui que j'ai de moi. J'ai l'impression de ne plus avoir le droit d'user de la première personne. Prétendre dire des choses au nom de la personne que je devrais être. Peut-être que je me trompe... Il y a tellement d'idées qui se bousculent. Tellement de désirs et d'envies que je ne sais plus laquelle est mienne. »

    Tout ces mots ne m'appartenaient pas. Je ne connaissais pas son histoire et ne connaissais même pas son nom. Pourtant je ressentais comme une certaine universalité de son sentiment. En effet il est unique mais tellement unique et dissociable des autres que chacun pourrait peut-être reconnaître l'avoir éprouvé une fois. « Ne peux-tu pas choisir le désir... celui qui est le plus important ? ». Cette fois-ci elle ne m'adressé ni regard ni geste. Je me sentis alors mal à l'aise car j'avais l'idée que j'étais de ces autres se contentant de donner des réponses trop simples.

    « Il m'est impossible d'établir une hiérarchie entre mes désirs. Les objets de désir ne le méritent pas. Choisir ce que je veux n'équivaut pas à choisir ce qui est le mieux pour moi. Il s'agit de décider dans un flou arbitraire lequel de mes objets de désir est le plus important. Lequel a le plus de valeur, qui me permettra le plus de gain. Si ce sont des choses que je désire, de quel droit puis-je juger ce que j'aime tant ? »

    Elle serrait encore son carnet entre ses doigts. La couverture était très abimée à quelques endroits seulement. Je devinai que ce geste de pression était répétitif. « Tu essayes d'écrire ce que tu me dis ? »

    « Ce que je te dis est ce que je pense de ce que j'essaye d'écrire. Si j'arrive à mettre dans ces carnets ce que je suis. Alors je saurai enfin quel est réellement mon but et je pourrais continuer mon chemin. Les mots sont faciles à énoncer mais pour les écrire il faut en être certain car on ne peut pas revenir en arrière. L'encre ne s'efface pas si facilement et pour l'enlever de manière décisive il faut arracher la page. Ce serait douloureux pour le carnet. »
publié dans : Écriture d'invention
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Samedi 12 avril 2008
Miam

    J'ai dévoré La Huitième Fille de Pratchett et j'ai presque terminé Miso Soup de Murakami. J'ai donc encore acheté des livres...
    J'ai mangé à Francesca. Une espèce de fast food spécialisé dans les pâtes. J'ai trouvé ça très sympa.

Licence 1


    Je sais que ce n'est pas encore réellement terminé mais je trouve que cela est passé beaucoup trop vite. Une année déjà. C'est peut-être parce qu'une année universitaire est quantitativement plus courte qu'une année de lycée. Non, c'est sûrement pour ça.

Rencontre

    Aujourd'hui, j'ai rencontré quelqu'un sur les banc du square en face de la Place Commerce. Je m'étais assise sur ce même banc pour lire. Elle n'attendait personne, je me permettais donc d'interrompre sa solutide. Ce fut ma première erreur.

    « Je m'évapore comme un souvenir. Le souvenir de moi. Il disparaît parce que j'ai l'impression qu'il jamais vraiment été là. Je ne sais pas si le souvenir de moi a réellement existé. Je disparais pour moi-même. C'est peut-être cela le problème des personnes qui dépriment. Peu importe si les autres estiment cette personne, pour elle-même, elle n'existe plus. Ou alors elle est sur le point de disparaître. »

    J'avais du mal à saisir le sens de ses mots. Je ne comprenais même pas pourquoi elle s'adressait à moi jusqu'à ce que je me rende compte qu'elle ne me parlait pas.

    « Lorsque je ne me sens pas bien et qu'on me dit que je devrais plus m'estimer. Je peux le croire car ils n'ont aucune raison de me mentir, mais moi je n'y crois pas. Je pense que dans un moment comme cela, on ne met pas en tellement en question ce que les gens pensent de nous. C'est ce qu'on pense de nous-même qui cloche. Inclure les autres dans le raisonnement n'est qu'une conséquence. Mais alors... D'où vient le fait de déprimer ? »

    Ses reflexions s'envolaient. Elles étaient emportées par le vent pour échapper à son esprit, pour ne pas se fixer dans sa mémoire. Elle essayait, je crois, de réfléchir à ce qu'elle allait écrire.

    « Voilà où est le problème. Quand quelqu'un déprime, les autres extérieurs qui n'ont jamais réellement déprimé se contentent de te dire «  il faut arrêter ». Mais souvent ils ne cherchent pas la cause, qui est justement la solution. Mais se sentant proches, ils ressentent une certaine responsabilité vis-à-vis de nous. Ils ne dépriment pas, ils s'estiment donc mieux, dans un meilleur état. C'est pourquoi ils sont aptes à donner des conseils. Car il y a quelque chose qui ne va pas bien, selon eux. Un déréglement. Ils n'acceptent pas que ce peut être juste un état. Comme on peut être gentil, méchant, intelligent, idiot. »

    Je regardais cette jeune fille. Elle avait le regard perdu et fixe. Cela en était effrayant. Parfois on se rend compte qu'on regarde dans le vide. Comme lorsqu'en classe notre esprit commence à vagabonder, un moment d'absence. Nos yeux ne regardent nulle part mais notre vision se ballade quelque part. 
    Elle tenait un carnet serré entre ses mains. Elle en avait plusieurs et encore d'autres que je pouvais apercevoir à travers l'ouverture de son sac. J'appris plus tard qu'elle en avait des dizaines et cela pouvait même constituer une collection. Elle avait tous essayer de les remplir mais ne le faisait toujours que pour les quelques premières pages. Elle voulait y écrire et griffonner ce qu'elle voyait du monde, ce qu'elle pensait et ressentait. Mais quasiment à chaque fois elle ne voyait rien alors rien ne s'imprimait sur les carnets qu'elle affectionnait tant.
    Une question me vint alors à l'esprit :

« Lorsque tu as un ami qui ne se sent pas bien, ne cherches-tu pas à l'aider ? »

    Elle tourna les yeux vers moi. Cela ne dura que quelques secondes ou beaucoup moins. Enfin son regard se dirigea vers ses mains posées sur ses genoux. Elles serraient le carnet de façon obstinée.

« Non. Il ne faut pas les aider en leur offrant des solutions. Il faut les assister dans leur démarche et comprendre pourquoi. Comprendre la cause et ce qu'ils recherchent en suivant ce chemin. Il y a énormement de personnes qui ont souffert et continuent. C'est d'ailleurs souvent un argument utilisé pour détourner quelqu'un du vide. C'est en observant et en comprenant, puis en aidant la personne à suivre son but qu'elle s'en sort. »

La technologie....

Asus X52R vs. eeePC


publié dans : Écriture d'invention
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Mercredi 5 mars 2008

il

    Quelqu'un toque à ma fenêtre. C'est la fenêtre de ma chambre, ma chambre chez mes parents. Je n'ose pas ouvrir les yeux car je ne veux pas voir la personne qui toque à la fenêtre. Elle me fait peur et pourtant je sais que je dois ouvrir les yeux, car sinon cela va durer toute la nuit et l'histoire n'avancera pas. 

    Je me lève pour aller à ma fenêtre. Les rideaux de tulle blanche se soulèvent légèrement à cause d'un courant d'air. J'aperçois une ombre à travers les rideaux et pourtant je sais que je suis au premier étage. Ma respiration se fait rapide, mes mains tremblent, mon coeur frappe. 

    Je tire les rideaux et là je vois quelqu'un. Je sais qu'il s'agit de quelqu'un mais je ne parviens pas à l'identifier. Alors je me baisse et me cache. Comme je sais qu'il me verra si je vais autre part dans la pièce, je me cache contre le mur de la fenêtre. Comme ça je ne suis pas dans son champ de vision. Et là j'entends des pas. 

    Il n'est plus devant la fenêtre, je cours au rez de chaussée pour bloquer les deux entrées de la maison avec des chaises. Mais pourquoi suis-je toute seule dans cette grande maison ? J'arrive à condamner les portes à temps. Mes yeux se dirigent donc instinctivement vers les fenêtres et je vois son ombre passer. Il grimpe aux murs de la maison. Il veut passer par le toit. Si il arrive à enlever quelques tuiles et à passer dans le grenier, il aura accès par une simple trappe au premier étage de la maison et donc à moi. Je cours alors vers la fenêtre du salon. Je l'ouvre. Je saute.

    Je crois qu'il m'a entendu car j'entends de rapides pas derrière moi. C'est bête car je n'ai pas pensé à prendre les clés alors je suis obligée de grimper au portail. Ce n'est pas facile mais j'y arrive. Maintenant je suis dans la rue. Il fait sombre et froid. Il y a un silence étrange, comme si le monde était muet.
 

    En face de moi j'ai la forêt, peut-être aura-t-il plus de mal à me trouver si je m'y enfonce. Mais je sais ce qu'il y a dans cette forêt, j'ai déjà vécu cela. Si je vais dans le quartier derrière la maison alors je tournerai en rond et il me poursuivra par là. Je décide alors de courir vers le centre ville. Je cours, je cours. Je sais qu'il me suit, il me cherche. Je ne sais pas ce qu'il me veut mais il a réussi à me faire sortir de chez moi, plus j'y pense et plus je me dis qu'il s'est servi de moi. 

    Il me rattrape et là je me dis que ce n'est plus possible. Il faut que cela s'arrête. J'arrive dans un endroit qui m'a l'air à peu près sûr, j'ai l'impression qu'il me voit mais pourtant il n'agit pas. J'entends une petite musique, un piano. C'est mon téléphone portable qui sonne. Je me réveille.

 
publié dans : Écriture d'invention
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